Le plateau tibétain

Je profite du trajet en bus entre Kangding et Chengdu pour vous faire partager ma traversée du plateau tibétain pendant 11 jours, 700 km, et quelques mètres de dénivelé.

Le plateau tibétain, c’est depuis la préparation de mon voyage, une destination phare (avec le Pamir et l’Iran), mais c’est aussi un petit défi aux vues des conditions météos et topographiques.

En quittant Shangri-La, je suis déjà à 3200 m d’altitude mais en digne TeamWorkeuse j’ai moi aussi mon projet des 4000 et je vais devoir monter plusieurs fois jusqu’à 4700 !

La 1ère question est de savoir comment je vais réagir face à l’altitude. Le mal des montagnes peut toucher tout le monde, je ne suis pas à l’abri. Heureusement, je n’ai pas été malade. Je suis montée progressivement et n’ai jamais dormi plus de 500m plus haut que la veille.

Je ne compte plus combien de cols j’ai passé pendant ces 11 jours (7 ou 8 4000, et quelques petits 3700-3900), mais pour vous rassurer ce n’est pas si éprouvant. Le corps s’habitue, la tête sait qu’un col se gravit entre 5 et 7 km/h, il faut être patient. Ce n’est qu’arrivée à 4100 environ que j’ai senti l’air se raréfier. Mais en faisant un peu plus de pauses, on y arrive.Et souvent, la vue au sommet est telle qu’elle justifie ces petits efforts.

Parce que les paysages, quelques fois un peu décevants les 1ers jours, ont été à couper le souffle une fois arriver dans le Sichuan et très diversifiés. Chaque jour était une nouvelle découverte : des sommets désertiques aux sommets enneigés, des verts pâturages pleins de yaks aux lacs alpins, le tout agrémenté de la traversée de villages tibétains où les « Tashi Deleg » (« Bonjour » en tibétain) se succèdent. Car contrairement aux Hans (l’ethnie plus que majoritaire en Chine), les tibétains disent bonjour.

Malgré tout, j’attendais un accueil un peu plus chaleureux. Comme souvent depuis le début de mon voyage, j’ai parfois eu le sentiment que l’étrangère doit payer. Mais j’ai aussi rencontré des gens d’une extrême gentillesse, comme cette famille (la grand-mère, la mère, et la petite fille d’un an) qui m’accueille pour la nuit et me nourrit. Ce soir-là, j’ai expérimenté un dîner tibétain. Je ne sais pas si c’est la norme, mais il l y a eu le repas de 19h à base de riz, d’un peu de viande et surtout de gras et le repas de 21h à base de nouilles cuites dans un bouillon bien gras aussi. Et entre les repas, on boit le thé tibétain, thé au beurre de yak. Bien gras encore ! C’est qu’à 4000m, il ne fait pas toujours chaud et il faut de l’énergie.

Les rencontres ce sont aussi tous ces cyclos chinois qui font la route Chengdu-Lhassa, une route assez mythique. Plusieurs fois on m’a demandé si je revenais de Lhassa et inlassablement, j’ai répondu qu’en tant qu’étranger nous n’avions pas le droit d’aller au Tibet tout seul (« Ah bon, mais tu as un passeport pourtant »). Une fin d’après-midi en traversant un village, je me fais interpeller par des chinois au repos dans une auberge. Je ne le sais pas encore mais ça va un peu changer mes plans en bien. Le proprio est un vieux tibétain très gentil. Il me propose du thé et de fil en aiguille je décide de rester là pour la nuit, au milieu des cyclos chinois. En cuisine, la femme s’active pour nourrir 20 cyclistes affamés (je crois que c’est moi qui mange le plus) ! Le lendemain matin, tous sauf un partent en direction de Lhassa. Nous partons ensemble avec Liu, militaire de 29 ans qui ne parle pas un mot d’anglais, dans la direction opposée. Assez vite il me sème, mais ce sera le même scenario toute la journée, au bout d’une heure ou deux, je le retrouve ! Et nous nous arrêterons dans une auberge pour cyclistes encore plus grande que la veille, la maison du bonheur, une quarantaine peut-être et une petite ambiance de colonie de vacances. Le lendemain, j’ai prévu de faire une petite journée, traîner autour de YaJiang pour prendre le bus après et rejoindre Chengdu en 2 jours, car j’ai un timing un peu serré. Mais au dernier moment, je change mes plans, Liu continue et son rythme coïncide avec mes contraintes. Tant pis pour le repos, quand on aime, on ne compte pas. Là encore je ne serai pas déçue des efforts, les paysages sont si beaux. Et même si on ne fait pas la course, petite fierté de mieux gravir les gros cols que lui et d’arriver 10 minutes avant !

Voilà comment s’achèvent mes aventures sichuanaises, et même extrêmes-orientales. Le chapitre Asie centrale va s’ouvrir. Je prends l’avion (ce n’est pas très écolo mais entre 48h de train ou 4h d’avion j’ai fait mon choix) mardi direction Urumqi, le pays des Ouïghours, pour une semaine de vacances avec Daddy.

Je vous rappelle qu’en complément du blog, il y a sur Facebook des photos et vidéos additionnelles et que vous pouvez y accéder même sans compte.

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2 réflexions sur “Le plateau tibétain

  1. Daniel

    Eddy Merckx avait battu le record de l’heure à Mexico à 2200 m. Tu fais plus fort 😉
    Il y a de quoi écrire un livre à ton retour

    J'aime

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