Xinjiang, Vos papiers s’il vous plaît !

J’achève mes deux mois en Chine par 15 jours dans le Xinjiang, et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce n’est pas une province comme les autres. Elle s’appelle officiellement « Région autonome ouïghoure du Xinjiang ». Vous notez le terme « autonome », elle a donc ses propres règles.

Pour replacer un peu cette région d’un point de vue géographique et culturel, elle se situe à l’extrême ouest de la Chine. Urumqi est d’ailleurs la ville la plus éloignée de la mer, à plus de 2500km. Elle est peuplée encore pour l’instant (à Urumqi ce n’est déjà plus le cas) principalement par les Ouïghours, mais les Han colonisent la région. Et au vu de l’histoire récente, ce n’est pas l’amour fou entre ces deux ethnies.

Ce qui frappe quand on arrive, c’est la politique sécuritaire. Les portiques de sécurité et scanner sont partout : pour entrer dans la gare ou l’aéroport bien sûr, mais aussi pour entrer dans un magasin, un restaurant ou un parc public. Alors que le ministère des affaires étrangères recommande de laisser son passeport à l’hôtel et garder une copie sur soi, ici il vaut mieux avoir l’original ! On vous demande vos papiers plusieurs fois par jour : pour acheter un billet de train, mais aussi pour visiter un site touristique. En roulant, je me suis aperçue que les « police check » sont à l’entrée de beaucoup de villages ou sur les routes et pas possible d’y échapper.

La route directe entre Urumqi et la frontière Kazakhe à 650km n’est pas passionnante. J’ai donc voulu faire un petit détour par la montagne (ça me manquait!) pour rendre le voyage plus attrayant. Après 40 km sur cette route qui montait, j’ai été arrêtée. Tout y est passé : passeport, visionnage de toutes mes photos, ouverture de toutes les sacoches (les nuls, ils n’ont même pas vu et surtout senti l’essence pour le réchaud ! ), et petit interrogatoire gentil (« comment connais-tu cet endroit ? Pourquoi veux-tu aller dans la montagne, il n’y a rien ?….). Après 1h30, je n’ai pas insisté et ai fait demi-tour. Ma nouvelle mission, quitter ce pays le pus rapidement possible ! A côté de cela, il faut quand même noter que tous les policiers étaient très gentils, me donnant de l’eau ou à manger.

Le bon côté des choses c’est qu’en tant que touriste, on ne se sent pas en danger. Je peux laisser Bucéphale tout seul dehors, personne n’y touche. Il faut dire que vu le nombre de caméras de surveillance et d’agents de sécurité, il faudrait être un peu bête. Même pour traverser la route, la population respecte les feux ! On sent qu’elle a peur ou qu’elle est résignée. Et tout est fait pour alimenter cette crainte. Il n’y a qu’à voir le défilé de véhicules blindés dans Urumqi ou encore le transfert des prisonniers qui sortent par la sortie principale de la gare, visible de tous, mains dans le dos et cagoule sur la tête.

J’attends de voir le jour où la population se soulèvera.

J’ai au moins une anecdote par jour liée à la sécurité. Je ne peux pas tout raconter ici. Mais c’est un peu pesant à la longue. Et c’est dommage parce que c’est ce que l’on retient du Xinjiang alors que c’est une région riche culturellement, où les gens sont néanmoins sympathiques et où l’on y mange bien (Enfin du pain !).

Voilà comment s’achève mes deux mois en Chine. Maintenant je vais en passer trois avec les « Stan », l’occasion d’apprendre un peu le russe.

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