Exigeant mais magnifique Pamir

Ah le Pamir, un des temps forts du voyage et une région que j’ai entourée sur la carte depuis longtemps : 1350 km entre Osh (Kirghizistan) et Dushanbe (capitale du Tadjikistan) dont 550 km le long de la frontière afghane, 10 000 mètres de dénivelés cumulés, 5 cols à plus de 4000 mètres, le tout sur des routes pas toujours en bon état, un vrai défi en perspective. Pour cette aventure, je roule avec Peter, un autrichien rencontré à Osh, parti du Tyrol il y a 3 ans et sur le chemin du retour.

Le Pamir est une région prisée des cyclo-randonneurs en particulier en été, mais la plupart font le trajet d’ouest en est de Dushanbe à Osh, et on comprend pourquoi : Osh est à 800 mètres d’altitude et pour passer la frontière, 225 km plus loin il faut passer le col de Kyzyl Art à 4336 m. L’ascension est assez brutale (3500m en 4 jours), attention au mal des montagnes ! Les deux postes frontières sont distants de 20 km, et pour des raisons de dates de visas nous dormons dans le no man’s land entre Kirghizistan et Tadjikistan. Un peu risqué, mais heureusement, cela ne pose pas de problème. Ouf ! Nous voilà au Tadjikistan.

Alors que le Kirghizistan est vert, le paysage change complètement une fois la frontière passée, et devient plus lunaire, sec et rocailleux. Les villages habités sont rares, mais on voit beaucoup de maisons ou même villages entiers abandonnés. La vie ici doit être rude, surtout en hiver. Même les animaux sont rares, le silence prédomine : quelques oiseaux, des yaks, beaucoup de marmottes, un renard….et beaucoup de moustiques au bord des lacs.

Arrivés à Murghab, nous rencontrons beaucoup de cyclistes qui arrivent de la vallée de Wakhan, la route que nous voulons prendre et la plupart font un problème soit médical soit mécanique. Sur les routes défoncées, les cyclistes souffrent autant que leurs montures. Pas très rassurant, mais nous y allons quand même. Nous avons une difficulté supplémentaire : le vent. Un vent de face qui souffle très fort, nous épuise et nous empêche de progresser rapidement….mais cela laisse le temps de profiter de la vue !

Après 2 jours un peu difficiles, soit physiquement (le col de Karghush m’a donné du fil à retordre), soit mentalement (dur de rouler à 6km/h en descente et de faire 39km dans la journée), nous acceptons notre condition et profitons vraiment des lieux : pas de villages, des routes à flanc de montagnes, on se croirait dans les routes de l’extrême. Après 2 ou 3 jours sans village, nous arrivons dans la vallée habitée où le paysage change complètement: arbres, verdure et culture. Et nous rencontrons enfin les Pamiris car jusqu’à présent sur le plateau nous avions plutôt côtoyer des kirghizes. La communication est difficile, il y a 6 ou 7 langues différentes dans le Pamir, plus le Tadjik et le Russe. Mais l’accueil est bon. Bien qu’ils soient habitués aux touristes, les locaux sont toujours contents de voir du monde.

J’ai roulé le 8 derniers jours seule, ayant abandonné Peter qui était malade à Khorog . Après quasiment 1 mois, j’arrive à Dushanbe. Je suis contente d’avoir terminé le Pamir sans problèmes, ni pour moi, ni pour le vélo. C’est plutôt rare ! Mais hormis 3 jours, ce n’était pas si difficile.

Prochaines étapes : l’Ouzbékistan où je ne vais pas beaucoup rouler à cause de la chaleur et du timing. Puis direction le Turkménistan car toujours chanceuse, j’ai obtenu le visa de transit de 5 jours.

 

Les photos sont ICI

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