Balkans : tous semblables, tous différents

Les Balkans, 6 pays en un mois, je vole d’un pays à l’autre. 100 km par-ci, 3 jours par-là, pas facile de découvrir réellement les pays et leurs subtilités. Heureusement que les passages de frontières sont plus rapides qu’en Asie centrale !

Après l’indifférence de la Grèce, je suis contente d’arriver en Albanie. De nouveau on m’offre des pommes et on me salue au bord de la route. Premier soir, je demande à peine où je peux poser ma tente que la femme m’invite dans son humble demeure pour dîner et passer la nuit. Le contraste est saisissant avec la Grèce qui est un vrai pays occidental malgré la crise. En Albanie, je repars un peu en Asie centrale. Le voitures côtoient les charrettes sur la route, on ne chauffe qu’une pièce dans la maison, les toilettes sont dehors. J’ai l’impression d’être dans la Syldavie de Tintin (allez voir les drapeaux des 2 pays, ils sont si ressemblants!).

Dans la brume d’un matin d’automne, je pars vers la Macédoine (attention, dites FYROM si vous êtes en Grèce!) et sous un frais soleil, les feuilles dorées se reflètent sur le lac d’Ohrid. La route est belle et paisible.

Mon passage en Macédoine sera moins sympathique, la faute à la grisaille qui s’installe. Ohrid est LA station balnéaire de Macédoine, qui n’a pas d’accès à la mer, et la principale destination touristique du pays, du moins en été. En Novembre, il n’y a pas foule et peu de choses à faire si ce n’est aller voir un match de basket de 1ère division mais niveau Nationale 3 française.

Je passe une 2ème fois en Albanie, et j’ai le même ressenti que la première fois. Je reviendrai dans ce pays, il mérite d’être découvert.

Je suis moins emballée par mes 3 jours au Kosovo. La météo pluvieuse n’aide pas à apprécier le pays. Composé à 85% d’Albanais, j’aurais du avoir un accueil similaire. Mais les quelques kosovars avec qui j’ai contact sont froids et peu avenants ; le cailloux qu’un enfant me jette est symbolique. De plus, je n’arrive pas à trouver ma place dans ce pays. Quelles langues dois-je parler ? Les gens sont-ils des albanais kovosars ou des serbes kosovars ? Je suis un peu perdue et pour éviter toute bévue, je ne parle pas ! La ville de Mitrovicë/Mitrovica est l’archétype même de ce mélange explosif. Les drapeaux albanais flottent au sud de la rivière Ibër, mais une fois passée le pont, c’est un multitude de drapeaux serbes. Les voitures sont ici immatriculées en Serbie, ou encore mieux sans plaques ! Je croise parfois quelques véhicules de la KFOR, la force de l’ONU. La guerre est pourtant finie depuis longtemps mais on sent que c’est instable.

Je me sens mieux une fois en Serbie, et ce pour deux raisons :

  • La première, c’est qu’il n’y a plus trop d’ambiguïté sur l’ethnie de mes interlocuteurs et comme je reste une dizaine de jours dans le pays, je vais pouvoir apprendre quelques mots pour communiquer. J’ai la bonne surprise de découvrir que certains mots sont communs avec le russe, cela facilite mon apprentissage (vous vous souvenez, je suis presque bilingue depuis mon passage dans les « stan »!). La linguistique est une discipline passionnante.
  • La deuxième, c’est qu’il est assez osé de vouloir passer directement du Kosovo à la Serbie, cette dernière ne reconnaissant pas le Kosovo. Il est conseillé de transiter par la Macédoine ou le Monténégro. Sauf que pour aller au Monténégro, j’ai une montée de 30 km et 1300 m de dénivelé à faire sous la pluie ou peut-être même la neige. Je ne suis pas courageuse dans cette affaire et préfère tenter le coup du passage direct en Serbie. Et à cette frontière on atteint le summum de l’hypocrisie. Il faut présenter son passeport aux Kosovars mais surtout ne pas le montrer aux Serbes, sous peine d’être refoulé. Je présente donc uniquement ma carte d’identité et après 5 minutes d’attente, je suis autorisée à passer. Ouf ! Je n’avais pas de plan B !

Loin de l’image que l’on peut parfois avoir des serbes, barbares et sanguinaires, j’ai apprécié mon passage dans ce pays et ai été bien accueillie. Même les matchs de basket sont assez calmes, presque décevant !

A contrario, mes quatre jours en Bosnie-Herzégovine ont été ternes et sans saveur. Heureusement j’ai vécu cette journée magnifique dans les montagnes enneigées de Romanija. J’ai aussi découvert ce que c’était de camper par -5°c (ou peut-être moins) ! Mais côté relations humaines, le néant, la faute surtout aux commerçants de Sarajevo et Mostar qui prennent les touristes de haut.

La Croatie est le dernier pays d’ex-Yougoslavie que je traverse, mais je n’y reste qu’un jour, trop peu pour se faire une opinion.

Pour conclure mon passage dans les balkans est mitigé. Ces pays qui autrefois ne faisaient qu’un sont à la fois semblables (même nourriture, langues quasi-identiques) mais aussi différents. Les immeubles bombardés il y a plus de 20 ans demeurent comme un symbole des conflits ethniques passés mais aussi présents et malheureusement probablement futurs. Le slogan « plus jamais ça » n’est pas dans toutes les bouches. La zone est une poudrière géante à laquelle un rien pourrait remettre le feu.

Je me rapproche maintenant encore un peu plus de la France en traversant l’Adriatique en ferry pour arriver en Italie. Prochaine étape, Rome !

 

Photos:

Macédoine

Albanie

Kosovo

Serbie

Bosnie

Croatie

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